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HISTOIRE DE LA DANSE JAZZ


Introduction
La danse africaine

La traite des esclaves
L'église et son influence
La Nouvelle Orléans
Storyville
La Minstrelsy
Irène et Vernon Castle
1920
Chronologie
Notes et Bibliographie

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La Minstrelsy


Les blancs américains ont toujours été intrigués et fascinés pendant presque toute l'histoire des Etats Unis par certains aspects de la culture noire. Et cette fascination s'est manifestée surtout depuis 1840 par un intérêt pour la musique noire, ce qui provoqua un intérêt pour un genre de spectacle nouveau (1820). Et ce fut un genre de spectacle qui régna sans concurrence sur le divertissement américain de 1845 à 1900.

Les Minstrels Shows étaient un spectacle de variété de chants de danses et de théâtre (sketchs, Vaudeville). C’était essentiellement une reprise des chants et des danses des esclaves par des blancs qui se noircissaient le visage au charbon de bois, qui se dessinaient de grosses lèvres blanches et qui mettaient des perruques pour monter sur scène. Finalement les "blancs" amusaient les "blancs" en imitant et en se moquant des "nègres".

Contrairement au blues ou aux negro spirituals la Minstrelsy n'a pas contribué énormément au développement du jazz mais son importance capitale a été dans la diffusion de la musique et de la culture noire américaine dans tous les Etats Unis. La Minstrelsy allait éduquer l'oreille américaine aux chants, à la musique et à la danse, et finalement à ce rythme puissant et propulsif qui devint le jazz. A la fin de la Minstrelsy presque tous les joueurs de minstrels étaient des jazzmen.

La Minstrelsy était évidemment une parodie considérée négative pour les noirs car les blancs les représentaient sous une image qui fut (et qui l'est encore aujourd'hui) difficile à se défaire. C'était l'image du "bon negro", celui du noir taré, de l'esclave content de l'être (bon enfant, toujours prêt à vous servir, content de son sort car il aurait pu tomber sur un blanc plus méchant), celui qui dansait jusqu’à l'épuisement pour un morceau de gâteau, l'image du noir paresseux, sale et sentant la sueur mais aussi celle du noir cultivé (le "zipcoon", fils illégitime d'un riche planteur, habillé de façon clinquante, signe encore aujourd'hui de la réussite sociale) ayant fait ses études en Europe pour finalement finir pianiste dans un bordel "nègre" à la Nouvelle Orléans (se reporter aux Films "Autant en emporte le vent" on y découvre l'image de la servante, la grosse maman, la nourrice contente et aux films avec Bill "BOJANGEL" ROBINSON", (claquettes), où il incarne le personnage du grand-père avec Shirley TEMPLE, on lui reproche d'ailleurs de s'être prêté à ce personnage stéréotype du noir. Cette image a été exploitée aussi au niveau publicitaire avec le noir à l'aspect gentil et souriant tel que : "Banania" ou "Oncle Ben's".


 Bill Robinson avec Shirley Temple 

Bill Robinson "Cafe Metropole"


Consultez la page TAP STARS
avec des clips des grand danseurs de claquettes

L'ancienne génération
Fred Astaire, Gene Kelly, Ann Miller, Little Buck
"Les hoofers" : Samy Davis junior, Sandman Sims, Chuck Green, Benny Briggs, Jimmy Slide, Harald et Fayard Nicholas, Steve Condos ........et ++

La nouvelle génération
Gregory Hines, Savion, Glover, Ted Levy, Van Porter, Max Pollak, Steven Harper, Fabrice Martin, Uwe Meusel, Sam Webber ........et ++

Ces images ont été développées par les blancs pendant toute l'époque de la Minstrelsy ce qui reflétait le racisme, la non-acceptation du noir en tant que citoyen à part entière et cela depuis que le président Abraham Lincoln fit abolir l'esclavage en 1861 - 1865.

1823 Thomas DARMOUTH Rice "Daddy RICE" en observant un noir boiteux qui dansait et chantait en soignant des chevaux, développa en accélérant et en changeant un peu le rythme et les paroles de sa chanson, une danse qu'il appela le "Jump jim crow" . Elle était basée sur un mélange de "Gigue" et de "Shuffle"(petits sauts syncopés, pieds à plat avec beaucoup de mouvements d'épaules et de bras). Ce qui lui valût lors de la première représentation 20 rappels, c'était le succès de l'année qui envahit le pays. Il fut souvent imité.

"Daddy RICE" semblerait, plutôt qu'avoir offert au public une véritable image de la danse noire, avoir créé la première caricature définie et durable de cette danse grotesque ; aux caractéristiques excentriques et sautillantes, aux membres relâchés, traînant des pieds, comiques et très rythmées.

Plus tard on dira : "Le "Jimcrow" (qui est devenu un personnage) de Daddy RICE a donné à notre scène et à notre langage une expression frappante (le Jimcrowisme) qui stigmatisera la ségrégation des noirs.

Tim RICE


Mr Bones jouant des "bones"

Un spectacle de Minstrels Show est composé de trois parties :

Première partie ; les musiciens s'installaient en demi-cercle autour de la scène, l'interlocuteur central menait le jeu. Une extrémité de ce demi-cercle s'appelait Mister BONES (parce qu'il jouait avec les os (clip video bones ) et l'autre Mister TAMBO parce qu’il jouait du tambourin. Chaque musicien venait à son tour au centre pour interpréter de la musique ou danser, puis il y avait une intervention d'un interlocuteur qui pouvait être une présentation, une chanson ou une blague vers
Mister Bone ou Mister Tambo ou à l'attention du public. Quant tout le monde avait exécuté sa performance ils organisaient une grande danse qui s'appelait le "Walk around" (marche autour). C'était une marche en cercle très rythmée, une sorte de final qui vers la fin de l'époque des Minstrels était devenu un "Cakewalk". (De même que cela se fait encore aujourd'hui avec le grand final des shows des tiller girls).

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La seconde partie s'appelait "Olio" et était une partie de variété musicale et chorégraphique mais sans l'intervention des extrémités, elle se terminait aussi en "break down". La "Gigue" en se mélangeant avec la "Patting juba" prenait selon les endroits des noms différents ; en Virginie on l'appelait le "break down", en Louisiane le "phasing down".

La troisième partie décrivait les danses de plantation et souvent était une parodie d'un drame de l'époque comme "Hamlet". Plus tard, la sortie du livre "La case de l'oncle TOM" (1852) fit fureur aux Etats Unis, on utilisa justement cette thématique pour la troisième partie du Show. Et c'était toujours les blancs qui imitaient les noirs.

En 1843 eut lieu le premier spectacle véritable de Minstrel Show qui fut crée par les "Virginia Minstrels".

1843 William Henry Lane connu sous le nom de "Master Juba" fut à l'époque le seul noir, avant la guerre de sécession (1861), autorisé à jouer avec les blancs et il devint la vedette. Il a même lors d'une tournée en Europe dansé devant la Reine Victoria au Buckingham Palace. Charles Dickens écrivait sur lui " son jeu de jambes ressemblait aux bruits des doigts sur un tambourin". Mais à aucun moment on ne faisait allusion à un mouvement de buste ce qui fait penser que la danse de Mister Juba était en fait un mélange de culture irlandaise donc de "Gigue" avec des mouvements typiquement Afro Américains comme les shuffles et les drags. Tout cela avait en plus un sens rythmique typiquement africain. Master Juba qui était un homme libre vivait dans le quartier de New York qui s'appelait Five Points, c'était un ghetto où vivaient beaucoup d'artistes noirs et blancs . Master Juba mourut en 1848 à l'âge de 27 ans. Les blancs qui par la suite ont développé et appelé cette danse la danse de claquettes (tap dance) se réfèrent toujours au travail de Master Juba.

A la fin de la guerre de sécession on autorisa enfin aux noirs de monter sur scène et de créer leurs propres compagnies de minstrels. Ce qui est un comble est que le stéréotype du noir était tellement demandé qu’ils se virent obligés de recommencer à jouer les blancs qui imitaient les noirs (même maquillage, attitudes et histoires). Et de cette image ils ne purent jamais se débarrasser même quand ils commencèrent à être engagé dans les grands théâtres de "Vaudeville", on leur demanda toujours de jouer le personnage du "petit nègre esclave".


Fred Astaire et Eleanor Powell


FRED ASTAIRE(Frederik Austerlitz) est le fils d'immigrés autrichiens. En 1905, la famille s'installe à New York, espérant voir décoller la carrière de danseuse d'Adèle, la soeur aînée de Fred. Ce dernier danse dans l'ombre d'Adèle. En 1917, un agent remarque Fred et Adèle. Leur spectacle rencontre un franc succès et leur notoriété grandit, mais Adèle se marie et Fred entame une carrière solo en signant un contrat exclusif avec RKO Radio Pictures. 'Fly down to Rio' le fait apparaître aux côtés de Ginger Rogers. C'est le début d'un couple mythique, qui sera réuni dix fois jusqu'en 1949. L'artiste est complet et son succès est incroyable, encore maintenant il est la réference en tant que danseur de claquettes. Agé de quatre-vingt huit ans, le danseur mythique s'éteint des suites d'une pneumonie.


 

Le début véritable des claquettes fut "L' Essence of Virginia " c'était une danse essentielle de la Minstrelsy qui donna naissance au Soft Shoe (claquettes sans fers, Fred ASTAIRE dans "Tea for Two"). Les artistes noirs connus dans le Buck and Wing et dans le soft shoe de l'époque étaient : "Billy KERSANDS, Ernest HOGAN, Bert WILLIAMS sans oublier les grandes chanteuses de blues qui travaillaient aussi dans la Minstrelsy, citons la plus connue, Bessie SMITH (toutes exploitées par les blancs, l'histoire se répètait. ).

Le Minstrel Show était un théâtre forain, ambulant, qui se déplaçait de ville en ville, jouant sur des tréteaux et qui était souvent confronté avec un public grossier, inculte et appréciant seulement les noirs pour les ridiculiser et s'en moquer.

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La Minstrelsy resta très populaire jusqu’au début du 20 ème siècle où elle fut relayée par les spectacles d'extravagance et burlesques ; les "Vaudevilles", les "Cabarets", "Broadway" (broad-way), la radio, les clubs à Harlem, les premiers films et vers 1917 ce qu'on appelait définitivement le jazz. La danse de la Minstrelsy a été véhiculée dans un autre domaine ; celui de la danse sociale qui a été développée et surtout médiatisée par un couple de danseurs professionnels ; Irène et Vernon CASTLE (1910).

Finalement l'évolution de la danse jazz s'est fait durant tout son évolution comme un jeu de ping pong bondissant selon les périodes du professionnel au populaire.

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A la fin du 19ème siècle les fanfares et les orchestres noirs étaient florissants dans toute l'Amérique et notamment dans les grandes villes. New York devint à partir de 1880 un centre d'orchestres et de danses noires. Ils firent danser les blancs à diverses fêtes mondaines, ils dansaient sur une forme de musique qui s'était développée avec la Minstrelsy (1880-90) le "Ragtime" (le Cake walk). Ces bands étaient disponible aussi pour des mariages au enterrements, il n'était pas rare que deux bands se rencontraient sur la route l'un pour un enterrement l'autre pour une naissance ou un mariage, c'était finalement une façon de annoncer un événement.

En 1900 il y eut un club pour "noirs" à New York nommé " Bohème Noir" ou les blancs venaient voir les noirs danser. L'histoire se répétait comme au Congo square et en 1920 aux clubs de Harlem comme le " Cotton Club, Byrdland, Savoy etc."

Les acteurs et compositeurs venaient voir ces démonstrations afin de s'inspirer à leur tour de cette musique, de ces rythmes, de ces inventions et de ces improvisations spontanées. De grands orchestres de jeunes musiciens se créaient à l'époque tel celui de Jim Europe qui devint le chef d'orchestre d'Irène et Vernon CASTLE et fut par la suite l'orchestre de jazz qui se rendit en France en 1917 au début de la guerre 1914 -18 et qui apporta pour la première fois la musique jazz aux Français.


suite : Irène et Vernon CASTLE


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