Elle a été fondée par les Français et les
Canadiens en 1718, elle resta française pendant 46 ans et passa aux
mains des Espagnols en 1800. Elle fut de nouveau récupérée par les Français
mais vendue aux Etats Unis en 1803 par Napoléon (mais au fond de son
cur continua à être française).
Louisiane ; c'était une colonie
française avec des esclaves dahoméens, en tant que colonie latine
catholique la permissivité était plus grande, donc offrait la possibilité
aux esclaves de pratiquer leurs cultes, de danser et de conserver leur
héritage africain au grand jour.
En 1803 avec la vente de la Louisiane
aux Etats Unis il y eut une confrontation avec le protestantisme,
une grande migration se fit vers le Mississippi et la Nouvelle Orléans
ce qui eut pour conséquence une grande prospérité. La population doublera
en 7 ans et la demande de divertissement suivit proportionnellement.
1804 fut la date de l'indépendance de
Haïti ce qui provoqua une très forte migration de Français avec
leurs esclaves dahoméens. En Louisiane la religion des Dahoméens était
le vaudou qui par la suite devint la religion la plus pratiquée par
les noirs en raison de la prédominance de cette ethnie.
La Louisiane subissait la dominance française
et espagnole et entretenait des relations très serrées avec les îles
notamment les Antilles. Il fut donc naturel quavec tous ces mélanges
ethniques de cultures blanches et noires on puisse y trouver pratiquement
toute l'évolution des deux décennies précédentes. Vers 1840 La Nouvelle
Orléans comptait déjà 100 000 habitants et était devenue la capitale
économique, le centre de la culture et du plaisir, l'argent était roi
à la Nouvelle Orléans. Dans cette ville énorme qui commençait à transpirer
et à pulser avec une énergie puissante commença à se former un mouvement
musical, en quelque sorte un melting pot de toute l'évolution musicale
que l'on nomma plus tard la "jazz music".
Musique et danse étaient toujours indissociables
jusquen 1946 où la musique jazz est devenue synphonique,
cette musique de concert s'écoutait et il n'y avait plus la possibilité
de danser sur son rythme car elle devenait trop sophistiquée. Donc le
peuple noir s'est réfugié dans des musiques dérivées de la musique jazz
notamment le rythm and blues, le soul, le rock and roll, le funk au
rap.
Au niveau social et politique se sont développés
des "castes", (des catégories, types ) à la Nouvelle Orléans,
il y avait les blancs d'une part et la population de couleur d'autre
part qui étaient divisés en deux groupes ; les noirs et les créoles
qui eux finalement étaient déjà des métissés issu d'un mélange noir
et blanc. Il faut rappeler le "black code" code noir,
qui était une règle qui interdisait le mariage entre blancs et noirs.
Ce qui nempêchait pas aux blancs de s'adonner au culte du plaisir,
soit d'entretenir des relations sexuelles avec la population noire.
Ce qui est intéressant, contrairement aux autres colonies de protestants,
est que les enfants nés de ces relations étaient libres. Souvent
les colons qui entretenaient des maîtresses noires, non seulement les
libéraient, mais ils payaient aux enfants (hommes) des maisons, des
études et ils les reconnaissaient comme leurs enfants légitimes. Cette
catégorie de métisses qui était privilégiée pouvait se permettre le
luxe d'aller étudier la musique, la danse et les beaux-arts en Europe,
ainsi de développa une classe sociale métisse instruite, sachant
lire et écrire, donc déchiffrer des partitions de musique et étudier
la culture musicale européenne.
Ainsi on trouvait des manifestations tel
le "bal des Cartérons" qui était un bal où les mères métisses
y présentaient leur fille afin de pouvoir les placer en tant que maîtresse
auprès de riches planteurs blancs. Pendant ces bals bien sûr les danses
traditionnelles européennes étaient de rigueur (quadrille, menuets,
cotillon etc.).
Cet intérêt des noirs pour la musique (à
part de l'héritage) venait du fait que tout au début de l'esclavage
on différencia les esclaves en deux catégories ; ceux qui travaillaient
dans les champs et les domestiques. Etre domestique et musicien était
un statut privilégié dans les colonies. (Les arts ont toujours permis
aux noirs de sortir de leur misère).
La religion la plus répandue chez la population
noire était le vaudou, il se pratiquait en secret mais les rumeurs
persistaient sur la pratique des sacrifices, des sorts et des rites
maléfiques, ce qui inquiétaient les blancs. Ils en avaient peur
donc ils décidèrent doctroyer une plus grande permissivité aux
noirs en les laissant danser les dimanches sur une grande place de la
Nouvelle Orléans ce qu'ils appelaient le "Congo square".
Les danses de "Congo square" ont exposé au grand jour les
expressions rituelles et traditionnelles des noirs, les Américains s'en
inspirèrent puisquon viendra au Congo square pour voir les danses
noires jusquaux environs de 1880.
Ces danses de Congo square étaient
appelées comme aux Antilles des "Baboulas" on y trouvait
les mêmes danses qu'aux Iles (Calendes, Chicas, Bamboula etc.).
Les noirs dansaient en cercle, avec des couples au milieu, ils
dansaient jusquà l'épuisement, c'étaient des danses très
puissantes. Il faut comprendre que ces danses assouvissaient un
besoin de défoulement.
En 1880 il eut une modification de
l'urbanisme qui divisa la ville en quartiers, et Congo square
ne correspondait plus à l'attente des noirs car en 1890 s'ouvrirent
les nouveaux "Dancings" notamment à Storyville qui était
un quartier du plaisir (un peu comme Pigalle).
1861 - 1865 Période de la guerre
de sécession où le président Abraham Lincoln fit abolir l'esclavage
(décision qui lui coûta la vie) ce qui provoqua une grande migration
des noirs vers le nord et les villes industrialisées. (La Nouvelle
Orléans étant dans le sud). L'abolition de l'esclavage avait contrarié
beaucoup de blancs car ils ne pouvaient pas simaginer un
homme noir bénéficiant du même statut civil qu'un homme blanc
(et de plus ils étaient obligés maintenant de payer les ouvriers).
Il se créa donc un mouvement contre les noirs "le Klu Klux
Klan" (KKK). Ce mouvement a eu une influence énorme et de
1890 à 1894, ainsi se mirent en place petit à petit des lois qu'on
appela le "Jimcrowinsm" (nom que l'on retrouve
dans la Minstrelsy), c'étaient des lois ségrégationnistes.
Avant la guerre de sécession les créoles
avaient tous les droits sauf celui du mariage avec un blanc.
"Une goutte de sang blanc apportait
toutes les libertés sauf celle du mariage".
Suite à la loi du Jimcrowism cette phrase
fut modifiée-en :
"Une goutte de sang noir vous
ramène au rang des noirs"
Petit à petit les noirs et les créoles
furent parqués dans des quartiers qui leurs étaient réservés, ce fut
la rencontre entre noirs non instruits (mais qui avaient gardé
intacte leur culture leur religion et leur héritage), et créoles
instruits (qui avaient bénéficié pendant un certain temps du confort,
de la culture blanche et surtout d'une éducation musicale très poussée).
Cette cohabitation donna son essence au développement de la musique
par une fusion entre la rythmique (typique africaine) et l'harmonie
(typique européenne).
En conclusion, c'est à cette période et
jusqu'en 1880 où danses de plantation, danses sociales et danses populaires
engendrèrent une fusion entre les danses européennes et les danses dérivant
de la culture africaine pour devenir ce qu'on appellera plus tard le
jazz et la danse jazz.