On peut considérer qu'il y a six principes fondamentaux de la danse africaine :

Dominante d'un style. Attaque percussive, vitalité.
Polyrythmie: Multiplicité des rythmes . Musique percussive non harmonique.
Système appel-réponse : musical et chorégraphique utilisé dans les spirituals, gospel, worksongs, le groupe répond à un soliste (alternance de couplets qui sont improvisés par le soliste et de refrains immuables, ce qui nous donne la relation innovation et tradition, traditions qui sont reprises aussi par les GI, militaires américains).
Pulsation, le sens intérieur de la pulsation.
Syncope, l'accentuation suspendue de la phrase musicale .
L'arme politique. Le Calypso était une arme politique chantée (le Rap actuel si l'on se réfère aux textes est aussi un outil à usage contestataire ; ex : le groupe Ice T). De même que le Cake walk qui est la reprise des minstrels par les noirs, compte à son répertoire de vieilles chansons jazz truffées de mots en "slang" (argot) qui sont en fait des injures destinées aux blancs.

Caractéristiques de la danse africaine : C'est une danse pratiquée pieds nus, elle est à base de pas glissés, de pas traînés, on frappe des pieds dans la terre, les genoux sont fléchis, le dos en avant (la courbe du corps est une position typiquement africaine, il suffit de se référer à leur physionomie pour la comprendre). La frappe des mains, les cris, le sol, les sauts et les ondulations sont aussi utilisés. C'est une danse qui requiert une grande agilité du corps.

Spécificité des hommes : acrobatie, sauts.
Spécificité des filles : pas glissés, grande agilité des hanches, positions toujours très pliées.

Ces danses sont toujours inspirées par la faune, elles consistent en une imitation des animaux. Par exemple : " le lapin" qui est le fétiche noir américain, cette danse évolue en "cercle" avec des solistes au centre. La pose du pied au sol est aussi une caractéristique de la danse africaine, suite à l'observation et à l'imitation des animaux. La dynamique des appuis au sol varie : légère, lourde, rapide, lente et traînante. Le pied à plat ; pas typique de la danse africaine allant, vers la mère, la terre pour puiser sa force et récolter sa nourriture le rappelle l'action de se plier vers la terre, se coucher, se reposer. Le pied en demi - pointe ; le désir de s'élever est plus une conception occidentale, aller vers le ciel.. être au-dessus... paraître plus grand... (gotique). L'observation et l'imitation des animaux ont engendré toute une gamme de danses diverses (parfois il ne s'agit que d'une marche ou d'un mouvement spécifique) on les retrouve tout au long de l'évolution de la danse jazz tel que le : " Fox-trot " le trot du renard, "  le Grizzly-bear "  l'ours Grizzly, " le Funky chicken " le poulet gai, " le Bouffalo " le buffle, " le Turkey-hot " la chaude dinde, " le Pigeon wings "  ailes de pigeon, " Bunny hogue " le bisou du Lapin, " le Camelwalk " la marche du chameau qui inspira James BROWN qui à son tour inspira Michael JACKSON pour finalement prendre le nom de "Moonwalk". La danse africaine est centrifuge, comme la danse jazz, elle part des hanches pour exploser vers l'extérieur (Danses sociales Charleston, Black bottom etc.) Rythme propulsif, par rapport à la danse jazz c'est une qualité "swinguante". Le danseur se trouve finalement face à deux manières de concevoir la danse jazz ; La manière européenne et la manière africaine. Ces deux façons de danser sont tellement opposées qu'elles sont presque incompatibles ainsi un fossé sépare la "danse jazz noire" et la "danse jazz blanche" et cela tout au long de son évolution, même lorsque les gestes techniques semblent être identiques.

Le noir danse pour s'identifier :La danse jazz noire hérite de ses racines africaines la nécessité de danser pour s'identifier, pour exister, pour communiquer, pour conserver une identité et une culture.

Le blanc danse le jazz pour se divertir et amuser son entourage, d’où le développement d'un marché commercial de la danse (Show dance, Broadway.). Chez le danseur noir deux conditions doivent être réunies pour qu'il danse ; la liberté et la conscience. La liberté ; le danseur doit être libre de choisir de danser, toute danse qui est exécutée sous la contrainte n'est plus une danse pour les Africains (pendant l'esclavage lorsqu'ils étaient obligés de danser ils ne la vivaient pas). La conscience est l'âme de la danse car elle est supposée exprimer une idée et suivre un chemin qui touchera le cœur des spectateurs.


suite : 1518 La traite des esclaves


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