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CULTURES ET DANSES 

SOMMAIRE:   Capoeira   Tango    Rumba / Boléro   La Salsa   Cha Cha / Son  Calypso  Mambo  (Samba / Batucada)        

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LA CAPOEIRA EST UNE DANSE,
UNE LUTTE, UN JEU

La Capoeira est l’un des aspects les plus fascinants de la culture brésilienne. Le capoeiriste est à la fois un athlète, un danseur, un acrobate, un farceur, un comédien et un musicien. D’un point de vue historique, cela s’explique par l’extraordinaire rencontre (contrainte forcée ) entre les différentes cultures africaines sur le territoire du Brésil durant trois cents années d’esclavage. Venu d’Afrique avec leurs danses, leurs rituels, leurs fêtes et leurs chants, les esclaves ont fini par créer un rituel unique, lié à leur condition au Brésil : La CAPOEIRA.

Sous sa forme dansée, chantée et inoffensive aux yeux des maîtres et des surveillants, ce rituel était en réalité une véritable préparation au combat. Combat contre les oppresseurs pour leur liberté. Combat des plus faibles et des plus démunis contre les plus forts.

Longtemps interdite et réprimée, même après l’abolition de l’esclavage, la Capoeira ne sera autorisé par le gouvernement brésilien qu’en 1937. Elle sera enfin reconnue pour sa valeur culturelle, éducative, créative et artistique.
Elle est à présent enseigné et pratiquée, non seulement dans les écoles et dans la rue, mais aussi dans les universités, les ateliers de théâtre et de danse contemporaine, les écoles de cirque et les centres de sport au Brésil, aux Etats Unis, et depuis quelques années en Europe.Comme nous le verrons, la Capoeira dans sa forme ne ressemble à aucune autre danse, ni à aucun autre art de combat. Elle est l’art de lutter dans la danse et de danser dans la lutte. Enfin elle est un jeu


LA CAPOEIRA EST UN RITUEL

Un rituel d’une grande beauté. Les mouvements des Capoeiriste sont ceux des animaux. Macaques, reptiles ou félins, ils évoluent indifféremment debout ou renversé, à quatre pattes ou bien complètement allongées, prêts à bondir dans les airs ou sur leur proie. Ils sont soutenus autour par les rythmes de percussions, les chants et les frappes de mains des autres capoeiriste. Ces derniers, en attendant leur tour, se forment en cercle et "chauffent " le jeu avant de se lancer dedans. C’est la " RODA ".

Sous sa forme dansée, chantée et inoffensive aux yeux des maîtres et des surveillants, ce rituel était en réalité une véritable préparation au combat. Combat contre les oppresseurs pour leur liberté. Combat des plus faibles et des plus démunis contre les plus forts. Longtemps interdite et réprimée, même après l’abolition de l’esclavage, la Capoeira ne sera autorisé par le gouvernement brésilien qu’en 1937. Elle sera enfin reconnue pour sa valeur culturelle, éducative, créative et artistique.

Elle est à présent enseigné et pratiquée, non seulement dans les écoles et dans la rue, mais aussi dans les universités, les ateliers de théâtre et de danse contemporaine, les écoles de cirque et les centres de sport au Brésil, aux Etats Unis, et depuis quelques années en Europe.Comme nous le verrons, la Capoeira dans sa forme ne ressemble à aucune autre danse, ni à aucun autre art de combat. Elle est l’art de lutter dans la danse et de danser dans la lutte. Enfin elle est un jeu
LA CAPOEIRA EST UNE DANSE, UNE LUTTE, UN JEU

La Capoeira est l’un des aspects les plus fascinants de la culture brésilienne. Le capoeiriste est à la fois un athlète, un danseur, un acrobate, un farceur, un comédien et un musicien. D’un point de vue historique, cela s’explique par l’extraordinaire rencontre (contrainte forcée ) entre les différentes cultures africaines sur le territoire du Brésil durant trois cents années d’esclavage. Venu d’Afrique avec leurs danses, leurs rituels, leurs fêtes et leurs chants, les esclaves ont fini par créer un rituel unique, lié à leur condition au Brésil : La CAPOEIRA.

Sous sa forme dansée, chantée et inoffensive aux yeux des maîtres et des surveillants, ce rituel était en réalité une véritable préparation au combat. Combat contre les oppresseurs pour leur liberté. Combat des plus faibles et des plus démunis contre les plus forts.

Longtemps interdite et réprimée, même après l’abolition de l’esclavage, la Capoeira ne sera autorisé par le gouvernement brésilien qu’en 1937. Elle sera enfin reconnue pour sa valeur culturelle, éducative, créative et artistique.
Elle est à présent enseigné et pratiquée, non seulement dans les écoles et dans la rue, mais aussi dans les universités, les ateliers de théâtre et de danse contemporaine, les écoles de cirque et les centres de sport au Brésil, aux Etats Unis, et depuis quelques années en Europe.Comme nous le verrons, la Capoeira dans sa forme ne ressemble à aucune autre danse, ni à aucun autre art de combat. Elle est l’art de lutter dans la danse et de danser dans la lutte. Enfin elle est un jeu
LA CAPOEIRA EST UN RITUEL
Un rituel d’une grande beauté. Les mouvements des Capoeiriste sont ceux des animaux. Macaques, reptiles ou félins, ils évoluent indifféremment debout ou renversé, à quatre pattes ou bien complètement allongées, prêts à bondir dans les airs ou sur leur proie. Ils sont soutenus autour par les rythmes de percussions, les chants et les frappes de mains des autres capoeiriste. Ces derniers, en attendant leur tour, se forment en cercle et "chauffent " le jeu avant de se lancer dedans. C’est la " RODA ".
LA CAPOEIRA EST UNE DANSE, UNE LUTTE, UN JEU
La Capoeira est l’un des aspects les plus fascinants de la culture brésilienne. Le capoeiriste est à la fois un athlète, un danseur, un acrobate, un farceur, un comédien et un musicien. D’un point de vue historique, cela s’explique par l’extraordinaire rencontre (contrainte forcée ) entre les différentes cultures africaines sur le territoire du Brésil durant trois cents années d’esclavage. Venu d’Afrique avec leurs danses, leurs rituels, leurs fêtes et leurs chants, les esclaves ont fini par créer un rituel unique, lié à leur condition au Brésil : La CAPOEIRA.
Sous sa forme dansée, chantée et inoffensive aux yeux des maîtres et des surveillants, ce rituel était en réalité une véritable préparation au combat. Combat contre les oppresseurs pour leur liberté. Combat des plus faibles et des plus démunis contre les plus forts. Longtemps interdite et réprimée, même après l’abolition de l’esclavage, la Capoeira ne sera autorisé par le gouvernement brésilien qu’en 1937. Elle sera enfin reconnue pour sa valeur culturelle, éducative, créative et artistique.

Elle est à présent enseigné et pratiquée, non seulement dans les écoles et dans la rue, mais aussi dans les universités, les ateliers de théâtre et de danse contemporaine, les écoles de cirque et les centres de sport au Brésil, aux Etats Unis, et depuis quelques années en Europe.Comme nous le verrons, la Capoeira dans sa forme ne ressemble à aucune autre danse, ni à aucun autre art de combat. Elle est l’art de lutter dans la danse et de danser dans la lutte. Enfin elle est un jeu

LA CAPOEIRA EST UN RITUEL
Un rituel d’une grande beauté. Les mouvements des Capoeiriste sont ceux des animaux. Macaques, reptiles ou félins, ils évoluent indifféremment debout ou renversé, à quatre pattes ou bien complètement allongées, prêts à bondir dans les airs ou sur leur proie. Ils sont soutenus autour par les rythmes de percussions, les chants et les frappes de mains des autres capoeiriste. Ces derniers, en attendant leur tour, se forment en cercle et "chauffent " le jeu avant de se lancer dedans. C’est la " RODA ".

UN ESPACE CIRCULAIRE
A l’intérieur de ce cercle c’est l’aire de jeu, le lieu de la danse, le lieu de la lutte. C’est ici que l’on se montre aux autres, que l’on s ‘expose aux risques, que l’on improvise des personnages, que l’on établit un dialogue corporel avec son partenaire (ou adversaire).Autour les danseurs forment la RODA. Ils rythment le jeu pour se donner de l’énergie ou en donner aux autres. Les percussions augmentent ou réduisent la cadence, les chants envoient des messages, des avertissements ou des conseils, commentent le jeu ou racontent les histoires légendaires de la Capoeira. La qualité du jeu dépend de la qualité du rythme et des chœurs autour. Ils sont indissociables.

AU CENTRE IL Y A LE JEU
Il a comme tous les jeux, ses traditions, ses règles, ses codes pour entrer dans le cercle, pour s’arrêter ou reprendre. Par contre lorsqu'on est au centre, face à son partenaire il s’agit de ne pas se tromper. Tout peut aller très vite. Même si le rythme est lent. Etre au centre, c’est être seul dans une expérience qui ne va pas se répéter. Si une pensée traverse l’esprit, elle peut gêner les réflexes du corps. Etre au centre, c’est être totalement présent et "invisible ".

LE TEMPS D’UN DIALOGUE ET D’UNE IMPROVISATION
Etre au cœur du rituel et faire un "beau jeu ", c’est engager le dialogue avec son partenaire en utilisant tous les recours que l’on a à sa portée pour le tromper et l’emmener au piège. Nous avons vu que c’était la lutte du plus faible contre le plus fort, donc pas besoin d’être un athlète ou un acrobate pour jouer la Capoeira. Un sourire, un geste malicieux, un cri, une douleur déguisée, un coup portée ou un coup reçu et ou une esquive bien placée sont souvent plus utiles pour mener le jeu où on veut.
Le temps du jeu c’est le temps d’entrer, d’établir la relation avec son partenaire, d’être attentif et à l’écoute de son énergie corporelle, (sa rapidité ou sa lenteur, son niveau d’agressivité, ses capacités de ruse, de stratégie, son agilité, son humour...).
Ici aussi, comme au théâtre ou en danse la qualité d’écoute fera que le jeu sera "bon ou mauvais ", "vrai au faux ".

" Tomber dans le piège " n’est pas douloureux dans le Capoeira puisque le principe est de ne pas se toucher, de rester fluide l’un par rapport à l’autre et d’arrêter le mouvement avant de se faire obstacle
.A la fin, personne ne gagne ou ne perd. On se sert la main et on s’arrête là.

LA PRATIQUE DE LA CAPOEIRA

ECHAUFFEMENT ET TECHNIQUE
Il existe une technique de la Capoeira, support indispensable à une bonne préparation physique pour la souplesse, la vigueur, l’agilité, l’équilibre, l’endurance et le rythme du corps.
1) Technique des mouvements
Mouvement des animaux (macaques, félins, reptiles). - Mouvements et déplacements au sol. - Mouvements et déplacements à mi - hauteur. - Mouvements et déplacements à partir de sauts et d’acrobatie.
La "ginga ": mouvement de base elle permet le déplacement dans l’espace en rythme et de façon continue. C’est à partir de la " ginga " que se font les sauts, les coups et les autres mouvements.
Composantes: L’équilibre, équilibre statique , équilibre dans le mouvement, la récupération de l’équilibre à partir du déséquilibre.
La malice et la " mandiga ": Ce sont les artifices, les stratégies, les "combines " imaginés pendant le jeu pour distraire le partenaire et e conduire où l’on veut. C’est ici que se développe toute la théâtralité du jeu, que se construit le vocabulaire gestuel de chacun; La musique et le chant, Initiation aux instruments, Travail sur le rythme et les chœurs
L’échauffement corporel sera soutenu par les rythmes des deux percussions principales de la Capoeira : le bérimbau et le pandéro.

LE MOUVEMENT " ORGANIQUE "
Chaque jour, les participants seront après l’échauffement en situation de jeu.
L’intelligence du corps:
Aucune pensée, aucun jugement conceptuel ni aucun regard extérieur ne doit faire obstacle à l’élan corporel.
La nécessité d’agir:
Dans le jeu, un mouvement qui n’est pas nécessaire non seulement n’amène rien mais peut conduire au piège de l’adversaire.
Il sera important de ne pas s’attacher à faire de grands sauts ou à rechercher l’esthétique parfaite des mouvements de Capoeira mais plutôt de travailler leur contenu organique et essentiel. Un mouvement est beau quand il est réalisé par nécessité au bon moment et dans le rythme juste.
Le jeu organique est un jeu qui se fait malgré sa volonté et hors de toute contrainte technique non dominée. Cela demande une bonne connaissance de soi et de ses limites.

DIALOGUE CORPOREL ET IMPROVISATION entrer dans la " roda "
C’est entrer dans le dialogue, savoir se positionner dans l’espace et d’être parfaitement à l’écoute de son partenaire, L’improvisation: Il y a improvisation en Capoeira parce que le jeu est une situation toujours nouvelle et toujours unique : On est amené à donner des réponses motrices toujours variables et adaptées
Le dialogue; eExploitation de tous les dialogues possibles par le biais d’exercices ou sans intervention rationnelle.
Exemples d’exercices : Dialogue avec une seule partie du corps. (Caveirinha)

LA RODA : le jeu






LE TANGO

L'éternel conflit entre l'amour et la mort

ORIGINE

L'éclosion d'une danse rappelant le Tangopeut se situer au début du XVe siècle.Les Maures d'Espagne dont les ébats étaient en général vifs et collectifs venaient de les enrichird'une danse en couple dont le rythme modérécontrastait singulièrement avec l'habituel.

Le mouvement que ce rythme inspirait était celui de l'acte sexuel ce qui fait présumer que cette danse symbolisait la fécondité. Mais si elle conquit facilement les Maures de l'Espagne du sud et une partie des indigènes, elle fut bannie par les Espagnols du nord qui, restés indépendants et fervents catholiques, ne pouvaient se plier à la politique d'une danse dont ils trouvaient la mimique inconvenante ; aussi elle disparut avec le départ des conquérants, ; pas tout à fait pourtant, car les Bohémiens (les Gitans de l'Espagne) l'avaient adoptée et la dansaient au son des guitares.


"Alors, dira-t-on, le Tango n'est donc pas argentin ?" ... Oui le Tango est argentin comme il est cubain, comme il est espagnol d'origine maure, mais il y a le Tango argentin, caractérisé par le mode mineur et le charme qui découle de sa mélodie ainsi que la maîtresse manière d'exécution de certains orchestres typiques dont il n'est de pareils dans aucun autre pays.

Le Tango ce n'est pas une danse c'est une obsession. Pour le danseur c'est une partie intégrante de sa vie comme manger ou dormir.Erotique, passionnée et mélancolique il est complice, non seulement du corpsmais aussi de l'âme.
C'est en 1912 que le Tango revint en Europe d'où après avoir subi de fines retouches, complètement dépouille de ce qui rappelait encore la mimique primitive, il repartit à la conquête du Monde.Ce qui caractérise le Tango actuel, c'est la grâce expressive exceptionnelle qu'il implique ; chaque pas, chaque mouvement doit être effectué avec mesure, sans lourdeur, sans raideur et avec aisance. Dans le Tango, un pas manqué est une faute grave. Pour profiter de l'extrême plaisir que l'on éprouve en dansant le Tango, il convient d'être à même de mener la danse en souplesse et pouvoir avec élégance de temps en temps varier les pas ; car les mêmes pas sans cesse renouvelés engendrent la monotonie. Si l'on veut sortir du commun, il importe de varier ; savoir varier est un art auquel le Tango se prête merveilleusement. C'est par l'harmonie des pas sans cesse renouvelée que l'on acquiert la souplesse, l'aisance, l'élégance, le style propre au danser de tango. The tango is not a dance but an obsession. For the tanguero,it's as much a part of life as eating and sleeping. Erotic and passionate, haunting and it involvesnot only the bodymelancholy, but also the soul..

RUMBA / BOLERO

ORIGINE ET HISTORIQUE
La Rumba, danse cubaine, n'est pas, comme on a tendance à croire, une danse récente ; elle est au contraire très ancienne.
Les Noirs furent les créateurs de rythme de base qui engendra ce style qui semble bizarre au Blancs, mais qui est pour les Noirs absolument naturel. Lorsqu'en 1501 Diego SUAREZ aborda l'Ile de Cuba avec les 300 Espagnols formant ma première colonie, l'Ile était peuplée de plus de 200.000 habitants et cette population alla aussitôt en décroissant. En effet elle fut au but des cinquante premières années réduite à moins de 30.000 habitants et continua à décroître au point d'avoir presque complètement disparu. Son appoint eut pourtant pu être précieux aux conquérants car, pour exploiter les ressources qui s'avèrent multiples dans l'Ile, il fallait de la main-d'œuvre, beaucoup de main-d'œuvre et sans pertes sensibles des vies humaines ; mais comme l'Espagne avait alors le monopole de la traite des Noirs, elle résolut le problème en important des esclaves d'Afrique en nombre croissant.

Lorsqu'en 1580 le monopole passa au main des Portugais le trafic continua encore plus intense. En 1713 c'est les Anglais qui maîtrisent la situation ; le chiffre de la traite des esclaves d'Afrique s'éleva à trois millions, qui naturellement emportèrent avec eux leurs cultes, leurs rites particuliers dont celui du Vaudou qui fut si longtemps ancré dans l'âme des Noirs et qui encore de nos jours fait parler de lui.

Le vaudou est encore pratiqué en cachette, et est objet de procès car, s'il débutait par des danses, ce rite finissait, hélas par le sacrifice humain.
Mais parmi les danses de leurs ébats ; il en fut une animalesque inspiré de la démarche du coq qui devint, si l'on peut dire, pour les Noirs de l'intérieur de l'île, la danse régionale. Les mouvements plus ou moins défigurés l'eussent rendue perverse aux yeux des gens incompréhensifs de l'automatisme naturel des Noirs quand il s'agit d'exprimer par la danse ( pour leur joie s ou leurs peines) les mouvements suscités par le rythme. Enfin au contact des Créoles, les Noirs s'émancipèrent, il y eut mélange de sang et c'est ainsi que musique et danse prirent corps dans l'Ile avec une expression typique vraiment caractéristique, trouvant son essence dans la fusion du genre espagnol lui-même influencé par le mauresque et le genre noir-africain dont la rumba actuelle est un exemple frappant.

Si l'on considère que la Rumba se dansait déjà à l'intérieur de l'Ile vers 1570, on est surpris d'apprendre qu'elle atteignit la Havane que plus de trois siècles plus tard, vers 1917, où elle devint populaire dans les dancings bon marché et les cafés où les travailleurs cubains s'amusaient.
Accaparée enfin par des spécialistes de l'orchestre qui surent, par l'adjonction d'instruments nouveaux, accroître encore l'originalité de ce rythme particulier, elle devait connaître un succès frénétique qui gagna vite les autres villes du littoral, balayant tout ce qui se dansait au paravant ; mais les night-clubs, les dancings où se prélassait la haute société se montrèrent réticents et s'en tinrent strictement aux petites danses purement espagnoles.

C'est seulement paré que la Rumba, ayant franchi les océans, eut pris d'assaut les dancings du monde entier, que l'aristocratie cubaine se laissa fléchir et permit enfin que ces trémoussements, orgiaques à ses yeux, fussent effectués dans ses salles de bal.
Il y a seulement quelques années, les riches touristes qui, débarquant à la Havane, demandaient à voir danser la Rumba, étaient fortement étonnés de s'entendre dire que cette danse était interdite, et l'on ne sera pas moins surpris d'apprendre qu'il n'y a que cinq ans encore, certains grands établissements n'autorisent la Rumba de dancing que durant la saison touristique et ne tolèrent entre temps que la Rumba d'exhibition (dansée par des professionnels), en raison peut-être de ce qu'elle représente d'innocence infantile. En effet, elle se danse en couple costumé et chaque pièce du costume ont une signification particulière : Le costume de la dame symbolise la cour faite par le coq à la poule de la ferme (la longue traîne du costume symbolisant la queue de la poule).La chemise ample et gaufrée de l'homme symbolise le chant et la démarche altière du coq

LA SALSA

LA SALSA L'explosion de la danse Rencontre explosive du jazz et des rythmes des Caraïbes, la salsa s'est emparée des pistes de danse dans les années 1950 et 1960. Bien qu'elle ait connu une baisse de popularité durant les années 1980, on a vu surgir au cours des années 1990 de nouveaux styles de salsa - new-yorkaise, portoricaine, colombienne... - qui ont su traverser les frontières. L'origine du mot "salsa" est assez mal connue: selon certains, il s'agit d'une métaphore indiquant que cette danse réunissait des ingrédients d'origines diverses (salsa signifie littéralement "sauce"); selon d'autres sources, la salsa doit son nom à une publicité pour une marque de sauces, qui sponsorisait les programmes émettant ce genre de musique.Ce nouveau style s’inspirait de ce que les orchestres de jazz appelaient latin jazz, dans les années 1940 et 1950. Le principal artisan de la transformation du latin jazz au cours de ces deux décennies fut le trompettiste cubain Arsenio Rodriguez, plus connu sous le nom de el Ciego Maravilloso (littéralement, le merveilleux aveugle). On trouvait dans son ensemble un piano, une deuxième trompette, parfois un saxophone, et une importante partie rythmique. Les ensembles de Rodriguez devinrent rapidement le standard des orchestres de bal cubains. Ils marquèrent la naissance d'un nouveau style de musique, intégrant le mambo et le " son " cubain, la portoricaine, le merengue dominicain, la cumbia colombienne. Ce mélange des genres finis par être appelé salsa.

En 1952, Arsenio se rendit aux États-Unis, mais le terme de salsa ne devait pas être employé dans ce pays avant la fin des années 1960: on s'en servit alors pour décrire la musique de Tito Puente (1925) et d'autres musiciens, qui interprétaient ce type de musique depuis environ vingt-cinq ans. La salsa doit sa popularité au zèle du fondateur de Fania Records - qui allait devenir le plus important producteur de musique de danse latine -Jerry Masucci. La grande période de la salsa coïncida avec les années 1970. C'est à cette époque que les latino-américains décidèrent de se pencher sur leur héritage culture! et de remettre au goût du jour les anciens rythmes du sud. On vit alors apparaître de petites formations comme ['ensemble cubain. Il y avait une partie rythmique, avec une ligne de trots à cinq instruments à vent, et pour finir, un ou deux chanteurs. Assimilant les différents courants de musique latino-américaine, cet ensemble s'ouvrit aux musiciens sud-américains de plusieurs nationalités.Après avoir accusé une baisse de popularité dans les années 1980 - en partie liée au développement du merengue -, on a vu émerger dans les années 1990 de nouvelles sonorités, qui ont su ravir les amateurs de musique latino-américaine. C'est aujourd'hui un véritable raz-de-marée, qui déferle sur le monde entier.La salsa, c'est "la sauce" en espagnol, un mot bien approprié pour décrire la multiplicité de ses origines. Pour faire le point à l'occasion du 4ème festival "Tempo à Vic" (Vic-Fezensac, Gers), le journal Sud-Ouest a demandé à Isabelle Leymarie, musicologue, quelques éclaircissements sur ce style musical.
Pianiste et musicologue, Isabelle Leymarie est passionnée par les musiques de la diaspora africaine. Elle a produit de nombreuses émissions pour France Culture, réalisée de nombreux documentaires et publié de nombreux ouvrages (1). Dans le dernier d'entre-eux, "Cuban Fire", publié cette année chez Outre Mesure, elle nous retrace la passionnante saga de la musique populaire d'origine cubaine et de ses interprètes depuis les années vingt.Sud-Ouest : On a coutume d'appeler Salsa ces musiques latines, dansantes et festives. Mais ce terme a t-il vraiment un sens musical ?

Isabelle LEYMARIE : C'est un terme qui, comme "jazz", englobe bien des rythmes. Il a été inventé à la fin des années soixante, les Portoricains installés à New-York ont commencé à jouer de la musique cubaine tout en y apportant leur propre cachet. C'est un terme commode, qui signifie sauce et qui désigne aujourd'hui ce qu'on appelait autrefois les musiques typiques. Au départ, les
Cubains ont un peu été irrités  en voyant qu'on désignait par salsa des rythmes qu'ils avaient inventés, mais aujourd'hui, ils n'hésitent plus à l'employer.

S.O. - Comment expliquez-vous que l'île de Cuba ait accouché de tant de rythmes musicaux ?

I.L. - D'abord, parce que ces rythmes sont d'origines africaines, que les africains sont très musiciens et qu'il y a à Cuba une forte concentration de noirs africains. Cet apport est fondamental. Ensuite parce que Cuba a aussi hérité de la fougue espagnole. La joie de vivre du peuple cubain, qui se retrouve dans la musique et la danse, vient de ce métissage. Enfin, parce que l'île a
longtemps été une zone de contact et d'échanges culturels entre les États-Unis et l'Europe.

S.O. - L'apport rythmique africain est certes fondamental. Mais la salsa est une musique tout à fait neuve. Par quelle dynamique a t-elle été créée ?

I.L. - A partir de la fin du XVI ème siècle, il y a eu un processus de créolisation des musiques, né du mariage des rythmes africains et des musiques hispaniques puis françaises. Cela a donné quelque chose qui avait vraiment une saveur particulière. Ainsi, par exemple, le mambo, est issue de la rencontre des danses de cours (comme la contredanse française) avec des syncopes et des percussions africaines.
S.O. - À Cuba la musique se transmet souvent de génération en génération, au sein des familles, comme le montrent La Familia Valera Miranda, ou Adalberto Alvarez. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

I.L.. - Il existe à Cuba, mais aussi au sein de la communauté cubaine émigrée aux États-Unis, de grandes dynasties de musiciens, comme celle du pianiste de jazz Rubalcaba. Dans sa famille, le père, l'arrière grand-père, le frère et même le chien sont musiciens. À côté de ça, sa mère écoute des chanson à la radio en faisant la cuisine et, en permanence, des musiciens défilent dans son
appartement. Ce genre d'ambiance influence bien évidemment les enfants qui ensuite, naturellement, souhaitent avoir leur place dans l'univers musical.

S.O. - La musique traditionnelle, comme celle de Candido Fabre, ou de Los Piratas del Caney, se perpétue sans s'essouffler à Cuba. Mais naît-elle toujours spontanément, ou fait-elle partie d'un folklore entretenu pour les besoins de la cause commerciale ?

I.L.
- Généralement, les orchestres traditionnels viennent d'Oriente, une province très éloignée de La Havane et qui est restée beaucoup plus proche de ses racines. Du coup, ce folklore est encore très vivant dans la culture populaire et se perpétue donc naturellement.
S.O.
- À coté des orchestres traditionnels, un grand nombre de formations, comme Los Van Van, se distinguent par leur esprit créatif. Quel en est l'origine ?
I.L. - Cuba est une île éloignée de tout et les gens s'y ennuient parfois un peu. La musique y est donc un bon moyen de tromper le temps et de s'amuser. A cela s'ajoute une volonté politique. Castro, pour faire oublier à la population les effets de la crise économique, a eu la sagesse de développer les arts, et notamment la musique noire. Tous ces facteurs créent une émulation particulièrement fertile et, du coup, de nouveaux rythmes émergent régulièrement.

S.O.
- Pouvez-vous citer les exemples les plus récents ?

I.L. - Je pense par exemple au songo, une sorte de danzon mâtinée de pop music inventée par Changuito, le percussionniste de Los Van Van. Je pense aussi à la musique des jeunes générations qui compensent leurs manques, l'absence de travail et de nourriture, en se défoulant sur des musiques frénétiques (appelées Despolete), comme celle d'Isaac Delgado, La Charanga Habanera, Klimax, ou Kini Kini.

S.O.
- Les paroles des chansons cubaines ne sont que très rarement revendicatives. Est-ce pour des raisons politiques ?

I.L. - Les paroles ont toujours été anecdotiques. En fait, à Cuba, les chanteurs ont trois grandes sources d'inspiration. Premièrement, l'amour, la femme et plus particulièrement la mulata (femme métissée) qui affole les hommes. Deuxièmement, la religion afro-cubaine. La troisième, c'est la nourriture, mais aussi la vie quotidienne : le mari qui trompe sa femme, le facteur qui s'est acheté une nouvelle voiture...

Sud-Ouest du 25 juillet 1997, propos recueillis par Pierre-Manuel RÉAULT.

(1) Du même auteur, "La salsa et le Latin Jazz" (PUF, 1993), "Du tango au reggae" (Flammarion, 1996), "Musique Caraïbes" (Acte Sud, 1996), "Musiques sud-américaines" (Gallimard, 1997)
I.L. - Généralement, les orchestres traditionnels viennent d'Oriente, une province très éloignée de La Havane et qui est restée beaucoup plus proche de ses racines. Du coup, ce folklore est encore très vivant dans la culture populaire et se perpétue donc naturellement.
S.O. - À coté des orchestres traditionnels, un grand nombre de formations, comme Los Van Van, se distinguent par leur esprit créatif. Quel en est l'origine ?

I.L. - Cuba est une île éloignée de tout et les gens s'y ennuient parfois un peu. La musique y est donc un bon moyen de tromper le temps et de s'amuser. A cela s'ajoute une volonté politique. Castro, pour faire oublier à la population les effets de la crise économique, a eu la sagesse de développer les arts, et notamment la musique noire. Tous ces facteurs créent une émulation particulièrement fertile et, du coup, de nouveaux rythmes émergent régulièrement.

S.O. - Pouvez-vous citer les exemples les plus récents ?

I.L. - Je pense par exemple au songo, une sorte de danzon mâtinée de pop music inventée par Changuito, le percussionniste de Los Van Van. Je pense aussi à la musique des jeunes générations qui compensent leurs manques, l'absence de travail et de nourriture, en se défoulant sur des musiques frénétiques (appelées Despolete), comme celle d'Isaac Delgado, La Charanga Habanera, Klimax, ou Kini Kini.

S.O. - Les paroles des chansons cubaines ne sont que très rarement revendicatives. Est-ce pour des raisons politiques ?

I.L. - Les paroles ont toujours été anecdotiques. En fait, à Cuba, les chanteurs ont trois grandes sources d'inspiration. Premièrement, l'amour, la femme et plus particulièrement la mulata (femme métissée) qui affole les hommes. Deuxièmement, la religion afro-cubaine. La troisième, c'est la nourriture, mais aussi la vie quotidienne : le mari qui trompe sa femme, le facteur qui s'est acheté une nouvelle voiture...
Sud-Ouest du 25 juillet 1997, propos recueillis par Pierre-Manuel RÉAULT.

(1) Du même auteur, "La salsa et le Latin Jazz" (PUF, 1993), "Du tango au reggae" (Flammarion, 1996), "Musique Caraïbes" (Acte Sud, 1996), "Musiques sud-américaines" (Gallimard, 1997)

 

Glossaire :
Batanga:
Le Rythme est joué avec des tambours sacrés batas et inventés par Bebo Valdés dans les années 50.
Bolero: Genre populaire cubain d'origine espagnole apparu dans la province d'Oriente fin XIXème.
Bongo: Petit tambour double que l'on tient coincé entre les genoux
Boogaloo: Rythme latin de New-York influencé par la soul music et popularisé dans les années 60
Candela: Expression très utilisée à Cuba pour exprimer la chaleur, la luminosité, la beauté d'un morceau bien interprété.
Cha cha chaRythme inventé dans les années 50 par le violoniste cubain Enrique Jorrin.
Charanga: Orchestre de danzon comportant notamment flûte, violons et timbales.
Clave: Rythme de base d'origine africaine et articulée sur deux mesures.
Clave: nstrument composé de deux morceaux de bois qui, entrechoqués, marquent le rythme
Congas: Tambour d'origine congolaise, d'abord très utilisé durant le carnaval avant d'être introduit dans les orchestres de salon, puis dans la musique populaire.
Danza: Genre musical issu de la contredanse européenne, particulièrement populaire à Cuba au XVIIIème et à Porto Rico.
Danzon: Danse cubaine issue de la Danza, popularisée à la fin du XIXème siècle. Descarga Improvisation. L'équivalent des jam-sessions, ou du boeuf.
Despelote: Salsa particulièrement dynamique et frénétique qui fait fureur à La Havane depuis le début des années 90
Güiro: Instrument formé d'une gourde en bois striée sur laquelle on frotte une baguette.

Latin-jazz: Jazz apparu dans les années 50 et interprété avec des rythmes et des percussions afro-latines
Mambo
: Genre musical inventé par Pérez Prado et très populaire dans les années 50, avant d'être concurrencé par la bossa-nova et le Cha cha cha.
Maracas: I
nstrument servant à marquer le rythme formé de deux petites gourdes en bois contenant des petits cailloux.
Merengue: Danse nationale de la république dominicaine.
Mozambique:
Rythme popularisé dans les années 60 par Pello el Afrokan.
Pachanga: Danse issue d'une chanson composée en 1959 par Eduardo Davidson.
Rumba: Danse de salon des années 30 et d'origine cubaine.
Salsa: "La sauce", interjection utilisée pour encourager les orchestres, mais surtout, musique populaire d'origine cubaine née dans les quartiers hispaniques de New-York à la fin des années 60.
Shekere: Instrument formé d'une gourde en bois recouverte d'un filet auquel sont fixés des perles. Secoué, il sert à marquer le rythme.
Son: Le pilier fondamental de la musique cubaine apparu à la fin du XIXème siècle de la rencontre des musiques africaines et de la culture espagnole, mais popularisé dans les années 20.
Songo: Rythme inventé dans les années 70 par Changuito, le percussionniste des Van Van.
Sonero: Chanteur de son et par extension, de salsa.
Timbales: Ensemble de deux caisses claires montées sur un pied

 


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